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Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation

Le Schoelchérois Albert Agnès Aly. Mort en déportation pour la France le 12 septembre 1945 à Hanoï (ex Tonkin), Viet Nam.

Agnès Albert ALY. Pourquoi ce martiniquais originaire de Fond-Lahayé à Schœlcher a été déclaré « mort en déportation ».

Il y a 75 ans, la deuxième guerre mondiale prenait fin. Ce dimanche 26 avril 2020, la France rend hommage aux victimes des camps nazis pour la journée nationale du souvenir de la déportation. Mais si cette journée nationale reconnait les déportés juifs, l'hommage aux autres déportés de la Seconde guerre mondiale reste plus discret. On peut notamment penser aux 15.000 Français qui, de 1944 à 1945, ont dû survivre dans des camps japonais alors que la guerre sévissait en Indochine.

Cet aspect méconnu de l’histoire a été corrigée en partie par l’Arrêté de la directrice générale de l'Office des anciens combattants et victimes de guerre en date du 8 janvier 2016 : Deux soldats de l’infanterie coloniale, les Martiniquais Agnès-Albert Aly et Onésime Vernes, ont obtenu de la France, à titre posthume, la mention « Mort en déportation ». Ce sont les premiers à recevoir cet honneur national en étant décédés non pas dans un camp nazi, mais dans un camp japonais en Indochine, en 1945. Lors de la commémoration du 11 novembre 2019, la vile de Schœlcher a rendu un hommage au schœlchérois Agnès Albert ALY, mort dans les camps japonais en Indochine (à Hanoï - Tonkin) le 12 septembre 1945.

20191111_104234 (Agrandir l'image). Des membres de la famille du soldat Albert Agnès Aly : son neveu Omer, sa cousine Emilie Julians.

20191111_102830 (Agrandir l'image). Commémoration du 11 novembre 2019. La vile de Schœlcher a rendu un hommage au schœlchérois Agnès Albert ALY, mort dans les camps japonais en Indochine (à Hanoï - Tonkin) le 12 septembre 1945.

 

ALY Agnès Albert est né à Schœlcher (Martinique), lieu-dit Fond Lahaye, le 21 février 1905. Il grandit dans ce quartier populaire de Schœlcher où il apprendra le métier de charpentier qu'il exercera jusqu'à l'âge de vingt ans. Le 22 janvier 1926, le Conseil de Révision le déclare bon pour le Service armé et il est incorporé à la Compagnie d'Infanterie Coloniale de la Martinique le 31 mai 1926.

Le 16 octobre 1927 il débarque à Saint Nazaire et c'est sa « première rencontre » avec une grande ville de Métropole. Deux ans plus tard, le 20 décembre 1929, il embarquera à Marseille pour l'Indochine. A Saïgon, où il arrive le 18 janvier 1930, il est affecté au 11e Régiment d'Infanterie Coloniale. Il est capturé avec d'autres militaires par l'armée Impériale nippone, sans s'être rendu, le 27 mars 1945 à Ham Yèn (nord Tonkin). Après une marche forcé épuisante, il est conduit à la maison centrale d'Hanoï où il est incarcéré du 29 mars au 14 mai 1945 dans des conditions particulièrement pénibles. Puis, il est transféré dans les camps de travail forcé de la route en construction de Hoa Binh où il est soumis aux pires brimades et à l'exécution de tâches autant inutiles qu'épuisantes entre le 15 mai et le 1er septembre 1945. Ce premier jour du mois de septembre, alors qu'il est presque moribond, il est conduit à l'infirmerie de la prison de la citadelle d'Hanoï où il meurt le 12 septembre 1945.

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