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Hommage à Léo Elisabeth - le 23 mai 2018

Thème : Culture

Lieu : Campus de Schœlcher amphi Hélène Sellaye

L'Université des Antilles vous invite aux manifestations d'Hommage au Professeur Léo Élisabeth, vendredi 25 mai 2018 au Campus de Schœlcher - Amphithéâtre Hélène Sellaye à partir de 9h.

Programme :

  • 9 h 00 : Allocutions officielles

Mme Odile Marcelin François-Haugrin, Vice-Présidente du Pôle Martinique de l’Université des Antilles.

Mme Marie-Hélène Léotin, Conseillère exécutive en charge de la culture et du patrimoine à la ctm.

Mme Cécile Bertin-Elisabeth, Doyen de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines.

Mme Dominique Aurélia, Vice-Présidente déléguée aux Affaires Internationales.

Ouverture par Erick Noël, Professeur à l’Université des Antilles.

 

 

Séquence scientifique : « Libres de couleur en Révolution »

  •   9 h 30 :

Les Libres de couleur de la Martinique sous la Révolution, entre suivisme et activisme 

    Vincent Cousseau, maître de conférences à l’Université de Limoges

La Martinique du long XVIIIe siècle a été le champ d’étude de prédilection de Léo Elisabeth. Son vif intérêt pour l’île l’a incité à mobiliser l’histoire sociale et démographique pour la réalisation de sa thèse, en prenant soin de les adapter aux spécificités des sources antillaises. Il a ainsi tracé la genèse et les contours des Libres de couleur martiniquais, groupe intermédiaire discriminé, mais en pleine ascension lorsque la Révolution franchit l’Atlantique. À la lumière des nouvelles études qui font écho à ses travaux et de sources récemment exhumées, nous réexaminerons le rôle des Libres de couleur de la Martinique dans la Révolution. Loin d’être univoque, leur engagement a connu une remarquable diversité, passant de l’engagement auprès des planteurs à la mobilisation pour la République, parfois jusqu’au sacrifice.

  • 10 h 00 :  

Libres de la Guadeloupe en Révolution

    Frédéric Régent, maître de conférences HDR à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne

Léo Elisabeth est connu pour ses travaux sur la Martinique, mais aussi pour ses nombreuses interventions dans le cadre de colloques avec ses collègues de la Guadeloupe. L’intervention aura pour but de montrer comment les apports du travail de Léo Elisabeth sur la Martinique ont à la fois trouvé une source d’inspiration pour les historiens de la Guadeloupe, mais aussi de Saint-Domingue, et connu leurs prolongements dans les études de ces colonies. Il s’agira de voir le rôle des Libres de couleur de la Guadeloupe pendant la Révolution et, notamment, de ceux natifs de la Martinique. 

  • 10 h 30 :  

Les Libres de couleur et le fil rouge des révolutions de Saint-Domingue

    Bernard Gainot, maître de conférences HDR à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne

Les 27 000 Libres de couleur de la « Perle des Antilles » sont incontestablement une puissance montante, et une particularité que l’on ne retrouve pas avec une telle netteté dans les autres colonies antillaises. Pour autant, le terme recouvre une grande diversité de généalogies, de statuts et d’implantation territoriale. C’est surtout sur cette diversité territoriale que nous souhaiterions insister, et sur laquelle nous proposons de nous interroger. La communauté des Libres de couleur du Nord présente une structure, des aspirations et des assises institutionnelles fort différentes de la communauté des Libres de couleur du Sud. Dans quelle mesure cette opposition Nord/Sud est-elle un facteur-clé pour comprendre le cours des révolutions de la colonie ? L’importance des événements qui se déroulent dans la partie de l’Ouest n’a-t-elle pas été sous-estimée par les historiens ? Le récit unitaire et unifié a posteriori de la Révolution de Saint-Domingue recouvre de fait des rythmes révolutionnaires différents, très largement déterminés par le positionnement des Libres de couleur. Pour autant, faut-il abandonner toute interprétation globale du rôle de ce groupe dans les moments décisifs du processus révolutionnaire ? Ce sont ces interrogations que nous souhaiterions présenter comme hypothèses de recherches, dans le sillage des nombreuses mises au point de Léo Elisabeth sur le phénomène révolutionnaire antillais.

  • 11 h 00 :

  Fight to defeat slavery in Louisiana as highlighted by the 1811 Revolt – Struggle for emancipation today

   Leon A. Waters, chairperson of the Louisiana Museum of African American History (lmaah).

One of the most heroic and significant battles in African Americans struggle for self-determination in the United States, the aim of the Louisiana 1811 Slave Revolt, was for our people to govern and rule over ourselves, free and independent of any oppressor state. This democratic right of all people, nations and nationalities is denied by every oppressor nation in the world. The common thread of resistance in the histories of New Orleans and Martinique, in our struggle against French and European enslavement, in many ways make us like cousins.

   For us, it would take a tenacious war, the Civil War from 1861 to 1865, to defeat the dictatorship of the slaveholding class, and to end chattel slavery. Our ancestors accomplished this feat. Although, we made some gains, we would be setback by counterrevolution whose outcome would be a captured and oppressed people and nation in the southern part of the U.S. Hence, we are not completely free today. The descendants of both the Louisiana 1811 Slave Revolt and the Civil War must return to the revolutionary road to win complete emancipation today.

  • 11 h 20 : débat.
  • 12 h 00 : pause.

Séquence mémorielle : « Un homme, un historien, une carrière »

  •  14 h00 :  

Léo Elisabeth, pédagogue et inlassable animateur et président de la SHM

    Marcel Dorigny, maître de conférences à l’Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis.

  Après ses études au lycée Schoelcher, il a été élève en Khâgne à Bordeaux (alors académie de rattachement des Antilles françaises) ; après sa réussite à l’agrégation d’histoire, il a enseigné dans divers établissements en métropole, puis de retour en Martinique au lycée Schoelcher. Il fut ainsi, d’abord et surtout un pédagogue. Si son œuvre d’historien est certainement la plus connue, les communications proposées en ont rappelé les grandes lignes, il serait injuste, et fort incomplet, d’omettre deux des axes majeurs de sa longue carrière. Pédagogue, il fut d’abord un professeur exigeant de l’enseignement secondaire, qui était pour lui le cœur de la promotion intellectuelle et sociale des enfants de la Martinique. Puis, et c’est essentiel de le souligner, il fut Inspecteur pédagogique ; après avoir formé les élèves, il devint formateur des enseignants. Pour lui, la diffusion du savoir ne devait pas se limiter à « l’école », au sens le plus large du mot ; il fallait s’adresser à un public étendu et porter vers ceux qui avaient quitté le monde scolaire l’accès aux connaissances historiques acquises par les recherches universitaires les plus érudites. Ce fut la mission qu’il s’assigna à la présidence de la Société d’Histoire de la Martinique jusqu’à son décès, fin 2016. La communication proposée s’efforcera de mettre en évidence ce rôle essentiel de notre collègue et ami.

  • 14 h 30 :

Léo Elisabeth, président de la Société d’Histoire de la Martinique

Monique Sainte-Rose, présidente de la Société d’Histoire de la Martinique

Léo Elisabeth a marqué de sa présence et de sa personnalité la société martiniquaise pour laquelle il a effectué tous ses travaux de recherche consacrés à l’histoire de son île natale. S’il n’est pas l’un des membres fondateurs de la SHM, il en est l’un des membres les plus anciens et les plus actifs. Dès son retour à la Martinique, en 1961, premier Martiniquais agrégé d’Histoire et titulaire d’un DESS, il rejoint l’association à laquelle il apporte sa caution scientifique. Autour de René Cottrell, président-fondateur, se retrouvent alors des amateurs « éclairés », hommes d’affaires, avocats, notaires, militaires, etc., qui créent les Annales de la Martinique . Léo Elisabeth renouvelle les premiers travaux de la SHM en publiant des articles consacrés à de nouveaux aspects de l’histoire de la Martinique et de son environnement, préparant sa thèse d’État, La société martiniquaise aux XVIIe et XVIIIe siècles , soutenue en 1988. Dans le même temps, il est un très efficace Inspecteur Pédagogique Régional de l’Académie des Antilles et de la Guyane. Au fil des années, l’association poursuit son développement. Après le décès de René Cottrell, Jacques Petitjean-Roget lui succède. C’est après la démission de celui-ci, en 1989, que Léo Elisabeth est désigné pour lui succéder. Comme dans toutes ses activités, il va marquer la fonction de sa présence, en continuant ses travaux de recherches, explorant au cours de ces années de nouveaux domaines. Dès la déclassification des archives de la seconde guerre mondiale, il se rend à Fontainebleau où de nouveaux documents remettent en question le rôle de l’amiral Robert et du commandant Touret. Léo Elisabeth fut à la fois chercheur, pédagogue, homme de télévision (ATV), animateur de sorties sur le terrain. Par ces activités, il voulait faire connaître aux Martiniquais une histoire loin de tout a priori et des vieux clichés. Il nous a laissé la mission de poursuivre dans cette voie.

  • 15 h 00 :  

Léo Elisabeth, un pionnier de l’Histoire antillaise

    Cécile Celma, conservateur en chef honoraire du musée départemental d’archéologie et de préhistoire de la Martinique

Notre but n’est pas de faire une étude exhaustive sur les publications de Léo Elisabeth. Notre objectif est d’essayer de montrer, à travers quelques exemples significatifs, son apport à l’Histoire antillaise, pourquoi et en quoi il a été le pionnier de cette histoire. Léo Elisabeth a en effet cultivé plusieurs territoires de l’Histoire. Par ailleurs, son travail s’étale sur une période allant du XVIIe siècle aux années 1960. Il était un érudit de l’Histoire en général, mais aussi un véritable érudit de l’Histoire antillaise, et surtout comme il aimait à le dire « d’une histoire martiniquaise, libre, autonome et décomplexée ». C’est ce « credo » qui l’a habité sa vie durant et a fait de lui « un passeur », qui partageait et diffusait au plus grand nombre les connaissances acquises pendant de longues heures dans les bibliothèques et les services d’archives. 

  • 15 h 30 : débat.
  • 16 h 00 : Conclusions par Jean-Pierre Sainton, Professeur à l’Université des Antilles.

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